Isolations et étanchéités

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L’isolation joue un rôle majeur dans la consommation énergétique des bâtiments. D’un côté, les bâtiments doivent être bien isolés afin de garantir une efficience énergétique suffisante. D’autre part, les matières isolantes doivent elles-même être dérivées de produits responsables de l’environnement.

 

De manière générale, il existe trois grandes catégories d’isolants : (i) les isolants minéraux obtenus à partir de sable, de verre et de terre volcanique (par exemple la laine de roche et la laine de verre), (ii) les isolants synthétiques produits à partir de la pétrochimie (par exemple le polyuréthane ainsi que les divers dérivés du polystyrène) et enfin (iii) les isolants naturels qui sont directement issus de la nature, qu’ils soient d’origine animale ou végétale (par exemple la laine de bois). Bien que les isolants minéraux et synthétiques aient traditionnellement été préférés pour leur rapport performance-prix, ces isolants ont un impact écologique négatif (en particulier les isolants synthétiques, étant donné leur origine pétrochimique). De plus, ces isolants traditionnels contiennent des ingrédients néfastes pour la santé et requièrent une attention particulière lors de la pose. Certains de ces isolants sont aussi inflammables et risquent de libérer des fumées nocives pour la santé et l’environnement en cas d’incendie.

 

Du côté de l’étanchéité, les constructions avec des niveaux élevés d’étanchéité à l’eau et à l’air ont de multiples avantages. Tout d’abord, celles-ci permettent d’augmenter l’efficience énergétique d’un bâtiment. De plus, une bonne étanchéité protège également les bâtiments contre les dommages, notamment en prévenant les dégâts dû à l’humidité. En effet, la couche d’étanchéité empêche l’air chaud intérieur de condenser dans les zones froides des éléments de construction en hiver, à condition que le bâtiment soit bien ventilé. Cela a pour conséquence de prolonger la durée de vie d’un bâtiment.

 

De plus en plus de spécialistes promeuvent l’usage de matériaux plus naturels et plus sains dans le cadre de l’étanchéité des bâtiments, non seulement car ceux-ci ont un impact positif sur la santé et la qualité de vie des occupants, mais aussi car ils réduisent l’empreinte carbone des habitations en faisant usage de matériaux à plus faible énergie grise. L’idée derrière ce changement est que la plupart des matériaux sains possèdent naturellement dans leur structure une capacité à laisser passer la vapeur d’eau, et ceux-ci peuvent ainsi remplacer les traditionnelles membranes pétrochimiques qu’on amène à perspirer artificiellement pour éviter l’humidité. Dans ces matériaux, on retrouve le béton de chanvre et finition en chaux, les ballots de paille et la brique de terre crue.

 

La laine de bois - matériau écologique et recyclable - offre aussi des performances intéressantes grâce (i) à son inertie thermique et son temps de déphasage élevé d’environ 10 heures (en d’autres mots, le temps nécessaire à la chaleur pour traverser l’isolant et différer les variations de température au sein d’un logement), (ii) sa capacité d’isolation acoustique élevée via une haute densité brute, sa très faible résistance à la flexion et sa structure poreuse, ainsi que par (iii) sa gestion de l’humidité performante et sa diffusion de vapeur améliorée.

GRAMITHERM ET L’ISOLATION PAR L’HERBE

Gramitherm, une société fondée à Lausanne et aujourd’hui basée en Belgique, propose des panneaux d’isolation fabriqués à base d’herbe de prairie. Concrètement, la société travaille avec des partenaires pour la production de la matière première des panneaux, qui consiste en la partie fibreuse de l’herbe. Les parties organiques de l’herbe sont elles extraites afin de servir à l’alimentation animale. Dans un deuxième temps, des autres matériaux sont ajoutés, comme de l’amidon qui fait office de liant ainsi que des éléments minéraux pour renforcer la protection incendie.

ANALYSE

D’un point de vue global, le marché de l’isolation et de l’étanchéité des bâtiments est porté par les investissements en efficience énergétique réalisés dans la plupart des pays. En effet, l’AIE estime que ceux-ci ont augmenté de 10% en 2021 pour atteindre les $300 milliards.

 

En Suisse, la moyenne d’âge des bâtiments est de plus de 45 ans et leur durée de vie dépasse largement 100 ans. Selon la banque Raiffeisen, près de 1.5 million de maisons ne sont pas ou à peine isolées et ont urgemment besoin d’une rénovation énergétique. Le retard d’assainissement est très important. Selon des experts interviewés par la banque, il faudrait investir CHF 50 milliards pour rattraper l’actuel retard d’assainissement. À Genève, environ 8’600 bâtiments - sur les 48’500 que compte le canton - doivent être urgemment rénové car leur indice de chaleur (“IDC”) dépasse les 800 MJ/an/m2, tandis qu’en tout, 60% du parc bâti genevois, soit 29’000 bâtiments, devra entreprendre des rénovations d’ici 2031 car leur IDC dépasse 450.

Les exigences relatives à l’étanchéité en Suisse sont définies dans différents ensembles de règles techniques selon le standard de construction choisi. L’étanchéité de l’enveloppe du bâtiment prend également de plus en plus d’importance dans les directives normatives, par exemple dans les normes établies par la Société suisse des ingénieurs et des architectes (SIA). Le standard de construction MINERGIE-P impose les exigences les plus strictes, et l’étanchéité exigée doit en outre être prouvée par un procédé de mesure.

 

Des alternatives éco-responsables sont disponibles pour effectuer ces rénovations, telles que la laine de chanvre - qui est l’une des seules plantes de grande culture n’utilisant aucun herbicide - la laine de coton issue de la récupération de vêtements, la laine de bois (voir ci-dessus) obtenue par défibrage de chutes de bois ou d’arbres autrement inexploités ou encore la paille et le liège qui sont également reconnus comme étant de très bonnes alternatives vertes. Aujourd’hui, ces alternatives ne représentent qu’un maigre 7% du marché des isolants en France, selon le consortium de fournisseurs Batiweb.

 

Ce manque d’intérêt peut s’expliquer par le fait qu’il existe plusieurs défis à régler avant que ces solutions ne gagnent davantage de parts de marchés. Premièrement, ces solutions ne sont pas entièrement naturelles. Afin de les protéger contre le feu, l’humidité et les insectes, elles reçoivent un léger traitement chimique. Autre inconvénient, ces solutions ont une efficacité légèrement plus faible que les autres matériaux et leurs coûts sont relativement plus élevés.